Questions et découvertes

Le Christ en questions, l'incrédulité de Saint-Thomas par Le Caravage


Prendront place ici des questions ainsi que des découvertes, y compris avec des visiteurs du site qui se manifestent via les Contacts. Ils en sont remerciés d’avance. 


Armorial du Prince de Béthune (1746-1823)

6 mai 2020

Armorial de Maisons d’Artois et de Flandre

 

Descriptif

Contenant soixante-six armoiries de familles d’Artois et de Flandre, cet armorial est inachevé, la majorité des dessins héraldiques n’étant pas colorisée. Composé de feuilles volantes, celles-ci ne sont sans doute pas ordonnées correctement, mais nous les avons laissées telles que nous les avons trouvées, sans tenter de les classer.

 

Les armoiries sont dessinées à l’encre de Chine sur papier vélin vergé écru assez épais, légèrement rugueux, in folio. Filigranées « C&I Honig » (Cornelis et Jan Honig, fabricant hollandais de 1683 à 1856) ou « IV » (Jean Villedary fabricant français de 1668 à 1778)[1], les feuilles mesurent 37,5 x 33 cm format plié , et les dessins se trouvent uniquement au recto. Les trois pages suivant chacune des armoiries sont laissées en blanc, ce qui laisse à penser qu’une description était prévue. On trouve en haut à droite le nom de chaque famille dont l’orthographe a été respectée.

 

Provenance

Cet armorial provient des archives du Prince de Béthune actuel.

L’écriture est celle d’Eugène-François-Léon, 1erPrince de Béthune, Marquis d’Hesdigneul, Lieutenant-Général, ancien directeur de l’Académie d’Arras et membre de celle de Valence en Dauphiné (1746-1823). Voir Personnalités.

Il avait laissé notamment un nobiliaire manuscrit d’Artois et de Flandre. Une partie de ses nombreuses recherches ont été complétées et compilées par Roger Rodière et se trouvent actuellement en consultation libre dans la salle de lecture des Archives d’Artois à Arras.

Les armoiries dessinées sont celles de Maisons nobles de ces mêmes provinces.

Enfin, le papier provient de France et des Pays-Bas, lieux de résidences du Prince, et sont produits par des fabricants en vogue à la fin du XVIIIe siècle.

 

Tout laisse donc à penser que ces planches, qui ne sont peut-être qu’une partie d’un ensemble plus vaste, sont de la main du 1erPrince de Béthune.

 

Armoiries représentées

1. Bethune 2. Bethune-Charost 3. Bethune-Balfour 4. Béthune-Hesdigneul 5. Bethune-Chabris 2e br 6. Marbais 7. Brandt 8. Hoste 9. Assignies 10. Lannoy-Annappes 11. La Viefville-Orvillé 2e br 12. Ghistelles-Serny 13. Thiennes 14. Thiennes-Looz 4e br 15. Assignies Tournay 16. Quellerie 17. Coupigny-Delebarque 18. Imbert-La Bazecque 19. Gomiecourt 20.Haynin-Calbreucq 21. Thiennes (-Lombise ?) 22. La Viefville-Plainval 3e br 23. Liepvre 24. Coupigny-Lignereuil 25. Haynin-des-prez 26. Des Lyons-Feuchin 27. Marnix 28. Des Lyons-Noircarme 29. Merode 30. Hangouart. Fin du registre

 

31. Des Lyons 32. Gantès-Ablainsevelle 33. Houchin 34. Gantès 35. Lannoy 36. Imbert 37. Fiennes 38. Louverval 39. Haye-Hezecque 40. Lannoy-Wattignies 41. Gosson 42. Hannedouche 43. Coupigny-d’henu 44. Coupigny 45. La Vieuville 46. Lannoy-la chaussée 47. Chivot 48. Bryas-Royon 49. Lens 50. Des Lyons-Theuville 51. Humieres 52. Deleval 53. Languedoue 54. Croy-havrech 55. Aix 56. Assignies-Allouaigne 57. Thiennes-St Maur 2e br 58. Thiennes-Loyembourg 3e br 59. Croy 60. Haynin 61. La Forge 62. Crequy 63. Boudart 64. Lannoy-Beaurepaires 65. Brias 66. Hornes. Fin du registre.

 

[1]  Jean-Paul Straus, La Geste des abbés de Gembloux, aux Presses agronomiques de Gembloux, 2012, pp. 17-18

 

Un jeton retrouvé dans l'est de l'Allemagne

 

Le 29 mars 2019

 

M. Henrik Hofman a contacté la Maison de Béthune il y a quelques semaines pour partager la découverte qu’il avait faite en 1975 à Chemnitz, dans l’ouest de la Saxe en Allemagne. En creusant dans son jardin pour le réaménager, il a trouvé une médaille frappée aux armoiries d’Eugène-François-Léon, premier Prince de Béthune. Ne pouvant alors traduire les inscriptions gravées au dos, il l’a mise de côté. En 2019, il l’a ressortie, en a traduit le verso pour ensuite faire des recherches sur internet… c’est alors qu’il découvrit ce site !

Et c’est avec beaucoup d’élégance et de délicatesse que M. Hofman en a fait don au Prince de Béthune qui en a été très touché et reconnaissant.

On retrouve au recto de ce jeton, les armoiries pleines du 1erPrince de Béthune avec la devise « Spes in Deo non Vana », la couronne princière, le manteau d’hermine de Duc et Pair de France ainsi que ses différents ordres et décorations. Le jeton est signé « A V. »

 

Et au verso :

EUG. FR. LEON,
PR. DE BETHUNE,
DES ANC. SOUV. D’ART.Mis
D’HESDIGNEUL. CTEDE NOYEL.
VIC DE NIEL. BARDE BOUSBEC.
CH. DE S.M.J. COLDE CAV. CHEV
DE L’AIG BSSTANISL. LION
BET ANC. NOBLES MEMB. DES ET
DE FET ARDE L’ACAD.
D’ARRAS. & C.
1785

 

Ce qui signifie « Eugène François Léon, Prince de Béthune, des anciens Souverains d’Artois, Marquis d’Hesdigneul, Comte de Noyelles, Vicomte de Nielles, Baron de Bousbecque, Chambellan de Sa Majesté Joseph II (Empereur du Saint-Empire), Colonel de Cavalerie, Chevalier de l’Aigle Blanc et de Saint-Stanislas de Pologne, du Lion Blanc Palatin et de l’ordre chapitral du Limbourg (d’Ancienne Noblesse) dans la langue d’Austrasie, membre des États nobles de Flandres et d’Artois, et membre de l’Académie des Sciences Arts et Belles-Lettres d’Arras, etc. 1785. »

 

Ce jeton en argent (ou cuivre argenté) est répertorié dans l’ouvrage de F.Feuardent, Jetons et Méreaux, t.2, Rollin et Feuardent, Paris, 1906, N° 7127 ainsi que dans l’ouvrage de Pierre Corre, Corpus de jetons armoriés, Le Léopard d’Or, Paris, 1986.

Nous ignorons à quoi il pouvait servir. Était-ce un jeton de présence, comme dit traditionnellement dans la famille ? Il a été frappée en 1785, soit un an après la réception du Prince, de la Princesse de Béthune et de leurs enfants, comme grand-croix de l’Ordre Chapitral d’Ancienne Noblesse (du Limbourg). Y aurait-il un lien ? Ou pour marquer la présence du Prince de Béthune aux différents États Nobles ?

D’autres questions demeureront sans doute… Comment ce jeton est-il arrivé en Allemagne ? Néanmoins on peut y voir un clin d’œil d’un ancêtre mort il y a bien longtemps et qui, grâce à cela, paraît pourtant si vivant !